Déconfiné.e.s mais toujours inspiré.e.s

PETIT FLORILÈGE DE L’ATELIER D’ÉCRITURE AU CENTRE SOCIAL ET CULTUREL LAZARE GARREAU 2019/2020

 

 

C’était la saison estivale, quel mois ? Juin, juillet, août, je ne me rappelle plus. Les sentiers autour de moi appelaient à la promenade, un matin parmi d’autres, je décidais de partir à l’aventure, sans trop savoir où me conduiraient mes pas. Je choisissais un sentier caillouteux de couleur étrange, à peine le pied posé dessus, un nuage bleu tourbillonnant m’environnait, des bruits d’ailes et des frôlements légers me laissaient penser que c’était peut être une colonie de papillons ?

 

Laure

 

 

 

 

J’aime l’été. Les paysages et les fleurs sont magnifiques et resplendissants. Les champs de blés qui ondulent sous la caresse du vent. J’aime MAIS je déteste la chaleur, qui rend moite et te colle à la peau.

J’aime tout ce qui se mange, les salades, les crudités sous n’importe quelle forme. Les plats d’hiver qui réjouissent aussi bien le corps que l’esprit MAIS je déteste les olives, je ne sais pas les avaler. J’aime cependant le goût qu’elles donnent à une salade de riz mais je les trie soigneusement pour ne pas les mâcher.

Je ne m’ennuie jamais ou alors très peu. Je suis toujours occupée.

Regarder un film sans tricoter ou crocheter est pour moi une torture. Le fauteuil devient inconfortable et je remue sans arrêt.

Je couds, je corresponds avec mes amies sur internet. Même après avoir fait du ménage si je m’assoie pour boire un café, j’ai toujours à portée de main une grille de mots croisés.

Je lis ou je prépare mes menus de la semaine ou ma liste de courses. Je ne suis jamais à court d’idées sauf parfois en atelier d’écriture ou je cherche désespérément quelque chose à écrire.

 

Marie-France

 

 

 

 

 

Chaussures de marche

Balade d’une heure

Des papillons, caméléons

S’ouvrent en nuage bleu horizon

 

Martine

 

 

 

 

Il fait noir, le chemin est dangereux, je ne peux pas continuer jamais dans le silence, je veux te donner un conseil, il faut dire des mots tant qu’il y en a. La porte qui s’ouvre sur mon histoire, ça va être le silence, on ne sait pas, il faut continuer quand même, on ne sait pas où ça va, nous ramène. Les larmes coulent fort. Un are, la ville est belle, la vie est belle. C’est une machine à respiration. Respire l’odeur de parfum, le téléphone à sonné et la télé a allumé des fleurs. L’heure est chaude. Un vieillard trop âgé. Un vieux monsieur très gentil.

 

Rahma

 

 

 

 

Dans le silence intérieur

J’entends des mots et des voix

Depuis quel pont en hauteur

Tombant sans que je les voie

 

Que d’absence dans la nuit

Où ne vit rien ni personne

On n’y entend pas un bruit

Et aucune heure n’y sonne

 

Dominique

 

 

 

 

Dans la nuit j apprends l’écriture on peut vivre sans délai il rit en jouant avec ses amis bonjour à tout le monde disait bonjour je me tais il recueille une nouvelle amie quant il devient tout timide il ne me parle même pas il attrape une belle rose pour lui donner l’humour de la jeune femme affolée vite vite jeune garçon prends ma main et quelques moins plus tard ils vivent ensemble on peut aller en voyage disait la jeune femme je ne dois rien à personne parce que l’amour on peut tout faire j’aimerais bien te faire une danse et moi le mari je te regarderai danse étoile parfumée on ne me l’a jamais dit je t’aime attention indique soldat je te dirai je t’aime telle une belle femme et fut une belle et heureux futur à la lettre mais ma maman m’attend flûte à compter de maintenant sois heureux pour éternité

 

Marcelline

 

 

 

 

solitude derrière les barreaux d’une prison

poussière et grisaille

une branche dans le coin bouge

une case vide

un carré trois barres deux lignes

ciel en mansarde

mur blanc mystère

mur gris bords blancs

murs à rayures et plante rabougrie

 

Laure

 

 

 

 

Celui qui prépare ses gants, les oublie et à les doigts gelés.

Celle qui est terrorisée par les araignées et doit nettoyer la cave.

Celui qui se sert un verre dans son rond de serviette et le boit avec une paille.

Celui qui accroche la boucle de son lacet droit au crochet de sa chaussure gauche.

Celui qui laisse sa valise ouverte et retrouve à l’étape suivante une souris morte dedans.

Celui qui ne veut pas avoir d’ailes parce qu’il ne veut pas mourir.

Celui qui oublie sa clé, appelle 4 numéros et dort dehors.

Celui qui règle son appareil auditif performant avec son portable et oublie son téléphone chez lui.

Celui qui lève l’épaule et grimace quand il est tendu ou contrarié.

Celui qui croit que la dame du GPS va se fâcher si on ne suit pas ses consignes.

 

Martine

 

 

 

 

Dans le ciel les nuages blancs

Sur la terre les arbres verts

Tiens un banc

D’un très beau vert

Bon pour le repos

Peinture fraîche, pas de pot

 

Marie-France

 

 

 

 

Un jeune garçon économise de l’argent pour passer son permis de conduire. Au moment où il voulait commencer il reçoit une promesse de travail. Sa maman entre dans la salle de bains puis elle vide sur la table basse le contenu du portefeuille.

Une facture à son nom, deux tickets de métro-bus, un timbre à 80 francs, un numéro de téléphone rajouté, un marqueur rouge sous le nom imprime en relief.
Maman c’est ton cadeau de 40 ans.

Des larmes de joie et de peur, ce n’est qu’une croix à marquer dans la case.

 

Rahma

 

 

 

 

Les barreaux de la prison de mes rêves

Promènent mes idées noires sans trêve

Ciel et branches, promesses de vie

Brouillard, idées confuses étouffent d’ennui

Il n’y a qu’un pas du désespoir à la tristesse

La fin de l’hiver à grande vitesse

Meurtrière dans un mur blanc

Soleil, chaleur vivent en dedans

Le lierre fuit la tristesse

Pour mieux vivre dans la liesse

 

Marie-France

 

 

 

 

 

Je ne réponds pas de mes gestes et de mes réflexes

Je pense pour vivre comme un roseau pensant.

Au cours d’un été une aventure m’est advenue.

Dans un pré nous campions en Écosse.

 

C’était beau, j’avançais en rêvant aux fous de Bassan

Qui planaient dans le ciel… mais sans le voir, je suis arrivée

Là où ils ont scindé la chaussée en deux.

Elles sont venues, accompagnées d’un ami de longue date,

 

M’ont veillée jusqu’à ce que je sorte du coma.

Où suis-je ? Je fais de gros efforts pour me souvenir,

Pour trouver différentes images du passé

 

Pour revivre la joie dont la sensation est encore présente,

Pour sentir le vent le retrouver avec l’odeur de la marée

Entendre dans les champs hurler les goélands.

 

Martine

 

 

 

 

 

Neige immense en trois divisible,

Chose, être avec légèreté

Nageant, volant dans l’indicible.

 

Quelque brouillard inhabité,

Grisaille envahissant la page,

Toiture dans un ciel d’été.

 

Façade aveugle, paysage,

Fenêtre que prendrait pour cible

Ombre ou fantôme de passage.

 

Dominique

 

 

 

 

 

Dita traversa l’image d’une fenêtre qu’elle a vue sur une photo à neuf petites fenêtres. Elle vit dans la première des barreaux de prison très tristes mais nuageux. Elle traversa la deuxième, elle vit le soleil et le vent taper sur son visage et se mit à danser dans le noir et le bleu. Elle traversa la troisième fenêtre. Elle vit des branches sur un mur libre et le mur rêvait d’être libre dans la vie. Elle traversa la quatrième fenêtre en bateau en [boute ?] et traversa la cinquième fenêtre haut en bas et traversa la fenêtre sixième en lit en forme d’arbre fumé et Dita traversa la septième fenêtre en voiture en fleur, pour aller vers la huitième fenêtre dans la rue étoilée vers l’amour et elle finit par la neuvième fenêtre très petite et chaleureuse en famille et amour. Et à la fin Dita était heureuse d’être allée dans les fenêtres magiques.

 

Nathalie

 

 

 

 

 

au loin le chant des oiseaux dans cette rue de l’Asie bordée de plantes d’arbres buissons elle est devenue sauvage verte et vivante libérée des prédateur humains

je me croyais en pleine campagne la nature renaît je profite d’un bonheur simple

caressée par la douce brûlure du soleil je me promène dans mon quartier

le bruit a été chassé par le calme le silence

la ville se repose s éveille à l’émerveillement elle ne se reconnaît plus a perdu ses repères

je marche tranquillement et apaisée dans cette parenthèse de temps

le sol est recouvert en ce nouveau printemps d’un tapis d’azur

je n’avais jamais vu une telle chose

tout ce bleu ressemble au ciel d aujourd’hui

des masques tombés là par des invisibles inconscients

 

Sarah

 

 

 

 

 

En abreuvant les oiseaux, vous attirez les circaètes

En écrivant des rimes, vous attirez les poètes

En dérangeant le bon ordre, vous attirez les fantaisistes

En relevant les lapsus, vous attirez les humoristes

En cherchant la petite bête, vous attirez la poudre

En devinant la vérité, vous attirez la foudre

En imaginant l’avenir, vous attirez l’angoisse

En réalisant les rêves, vous attirez la poisse

En caressant les mignons, vous attirez les fats

En nourrissant les pigeons, vous attirez les rats

 

Martine

 

 

 

 

 

 

sur une montagne

un soleil éblouissant

la belle journée

 

*

 

un beau papillon

à l’extérieur un jardin

le froid est parti

 

*

 

une corbeille noire et bleue

l’air léger circule

les nuages autour de moi

 

*

 

frémissante de peur

une feuille tombe d’un arbre

un oiseau volette

 

Laure

 

La vie illumine le jour

À l’aube les oiseaux chantaient

Ma mélodie préférée en passant

Pas à pas je rentre du cours

Éteignons la lumière à mes rêves je dis bonjour

Rahma

 

Logorallye à partir des mots imposés (chacun donne un mot) : nature – soleil – trou – kleenex [à employer, en principe, dans l’ordre ; mais ici on se laisse la liberté.]

Remplacer par une machine
Radiateurs hyper puissants
Venant de chine
Fatigue, usage souillé
Le soleil vieillissant se vide de son sang sur des kleenex immaculés donnant naissance à des milliers de trous béants dans la nature.

Sarah

L’atelier d’écriture
Est loin de la nature
Rien n’est moins sûr
Rien n’est moins pur

On a besoin de soleil
Et beaucoup moins de sommeil
Une lumière nous émerveille
Tous nos sens sont en éveil

N’importe où même dans un trou
Confiner peut rendre fou
Agressif comme un loup
Être libre ça vaut le coup

Kleenex, bénédiction des allergiques
Invention récente, invention magique
A garder sur soi loin des lieux publics
Avec le covid tu deviens critique.

Martine

Toutes les conditions étaient réunies : le soleil qui dardait ses feux comme en été, l’ombre propice que nous ménageaient les amples frondaisons dans les rues cabossées du Parc Monceau, lieu de promenade idéal à deus pas de chez nous, petit morceau de calme et de nature en pleine ville, et parfois de méditation. Nous y étions donc à nous promener, tranquilles, chacun dans ses pensées, évitant seulement de passer trop près de celles et ceux qui avaient eu la même idée que nous et qui devaient se dire que nombreux étaient ceux qui avaient eu la même idée qu’eux. Un chien s’approcha, noir et blanc, débonnaire, la queue en panache. Arrivé à notre hauteur, il avisa dans un des nombreux trous qui parsèment ces voies privées dont l’état d’abandon est moins dû à la négligence ou au manque d’argent des riverains, car ils en ont visiblement, qu’à leur désir probable d’éloigner autant que possible les voitures et les importuns, il avisa, donc, ce chien, dans un trou du bitume, un kleenex usagé jeté peut-être par un malade du covid peu soucieux des autres, il l’attrapa goulument et se mit en devoir de le mâcher jusqu’à engloutissement complet. Vision dégoûtante. Là-dessus arriva sa propriétaire. On crut bon de la prévenir : « Eh bien… Votre chien vient de manger un vieux kleenex qui traînait… » Et elle de répondre : « Oui, il fait tout le temps ça, c’est de la fibre, ça doit être bon pour son transit. » Et elle lui caressa gentiment le museau.

Dominique

Pendant le confinement, nous ne pouvions sortir qu’une heure par jour dans un rayon d’un kilomètre, occasion de mieux connaître son quartier et ses habitants : noter des détails ou des anecdotes.

Au loin le chant des oiseaux dans cette rue de l’ Asie bordée de plantes d’arbres buissons elle est devenue sauvage, verte et vivante, libérée des prédateur humains,
je me croyais en pleine campagne, la nature renaît je profite d un bonheur simple
caressée par la douce brûlure du soleil je me promène dans mon quartier
Le bruit a été chassé par le calme le silence
La ville se repose s éveille à l’émerveillement elle ne se reconnaît plus, a perdu ses repères
Je marche tranquillement et apaisée dans cette parenthèse de temps
le sol est recouvert en ce nouveau printemps d’un tapis d’azur
Je n’avais jamais vu une telle chose
Tous ce bleu ressemble au ciel d aujourd’hui
Des masques tombés là par des invisibles inconscients

Sarah

Coup de téléphone de mon voisin me demandant s’il peut autoriser ses enfants à jouer dans mon jardin où l’herbe est rase sur un terrain en pente ce qui leur permettrait de faire de la luge après l’école à la maison.
J’accepte bien sûr !
Ils ont eu l’impression de passer des vacances à 100 km de chez eux !

Depuis trois semaines ma mère de 101 ans vit chez moi.
Elle manque de médicaments.
La pharmacie est à 80 mètres, en face de la maison.
Belle occasion pour une première sortie.
Canne, ordonnance, carte Vitale, autorisation, masque…
Nous traversons la rue, elle se sent mal, ses jambes cèdent.
Je la retiens et la porte quasiment jusqu’à l’officine.
Là je constate qu’on n’y entre pas et qu’il y a la queue.
Vite je demande une chaise qu’on installe sur le trottoir.
Elle reprend doucement ses esprits.

Découverte d’un chemin large d’un mètre vingt et long de 100 mètres qui s’ouvre entre deux maisons de la rue Négrier à Lille. Renseignements pris sur Internet, c’est le Passage des Trois Aiguilles qui débouche rue Voltaire à hauteur du n°22. Il est bordé de maisons bourgeoises aux murs bien entretenus.

Rendez-vous avec Abla, Rahma, Nicole et ma mère au dessus du Grand Sud, espace aéré et végétalisé que Rahma qui habite en face ne connaissait pas.

J’ai pendu des boules de graisse, des distributeurs de graines à la gouttière qui surplombe la baie vitrée de ma salle de séjour. Moineaux, mésanges et accenteurs mouchés s’y succèdent comme d’habitude mais les tourterelles, les étourneaux et les pies viennent récolter les miettes tombées sur l’appui de fenêtre de ce restaurant gratuit. Je ne les avais jamais vus de si près. Que c’est gros une pie !

Nous nous promenons le long des grilles du cimetière, belle journée ensoleillée, l’herbe printanière est bien verte, nous avons la surprise de voir deux bipèdes aux couleurs mordorées s’y promener en se dandinant et en exhibant leur somptueuses plumes. Se sont deux coqs qui profitent du confinement pour se pavaner à côté des tombes.

Martine

Une énorme maison de maître, imposante et massive comme un château et qu’on dirait, depuis la rue, abandonnée, se révèle, si on pénètre dans le parking de la clinique de la Louvière, à l’arrière, fréquentée et peut-être même habitée par le personnel soignant. Cela semble un lieu hors du temps.

Alors que nous n’avions jamais échangé d’autres mots qu’un simple bonjour avec certains voisins, il nous arrive de les croiser et recroiser en faisant plusieurs fois le tour du pâté de maisons. Chaque tour prend dix minutes, cinq tours nous font l’heure autorisée. Nous nous sourions et échangeons un « à la prochaine », qui arrive donc quelques minutes plus tard.

L’église Notre-Dame de Pellevoisin – nous n’étions jamais passés par là. Elle ne présente pas grand intérêt, juste proprette comme un pavillon bien entretenu. Son parvis se révèle un lieu animé ces jours-ci, une vraie place de quartier, pleine de vie, où tournoient des enfants à vélo pendant que les parents papotent.

La maison du coin de la rue a changé de propriétaires. Les anciens aimaient le bruit continu du petit jet d’eau installé dans le jardin. Il semble que les nouveaux, non. Quand on passe devant, on n’entend plus son petit bruit clair et argentin. Peut-être aussi donnait-il envie de faire pipi, à force. Il y aurait un comparatif à faire de la consommation d’eau, avec et sans.

Chaque fois que nous passons dans cette rue, si c’est l’après-midi, le soleil donne, il y a cette jeune fille à la fenêtre à côté de son chat endormi, et qui lit La Servante écarlate. Nous la voyons progresser lentement dans la lecture de son livre, comme si elle le savourait et cherchait à en reculer le moment de l’avoir fini.

Sur un petit vélo en bois, sans frein, un enfant dévale la pente de la rue du Ballon, sur le trottoir, parvenant à grand-peine à s’arrêter juste avant le carrefour. Sa mère l’engueule de loin, puis de près une fois qu’elle l’a rejoint. Le lendemain nous repassons par là, et la même scène exactement se rejoue. Nous nous demandons si tous les jours ça recommence, comme dans un film.

Dominique

Comme Georges Perec en 1981, établir une liste des choses à faire avant de mourir.

Finir l’aménagement des combles
Aller passer une semaine en Lozère
Arroser la rhubarbe et les tomates
Répandre les cendres de mon mari dans la mer et sur le compost de Bernieulles selon sa volonté
Faire un livre de poèmes illustrés pour des enfants avec une belle reliure
Nettoyer les dalles du plafond de ma véranda
Terminer le recueil de témoignages sur le partage des cultures
Trouver un successeur pour diriger l’association
Camper dans l’Avesnois
Réaliser une belle gravure à encadrer
Une aquarelle de 70 X 50
Mettre d’autres glaces sur les murs du jardin
Manger les framboises et les cassis
Faire le vin de noix
Voir Jules avec son permis
Emile dans l’école d’ingénieurs
Planter la Roquette
Faire l’AG et le voyage de l’année qui ont été annulés

Martine

Revoir un certain coin de mon enfance, en Bretagne : les Roches du Diable. Je passais pour intrépide en les escaladant et en tirais quelque fierté. Il me semble qu’en fait elles ne sont pas si impressionnantes et j’ai appris depuis que d’autres lieux portent ce nom pour peu qu’ils soient un tant soit peu escarpés.

Réussir à lire certains gros livres que je fais toujours mine d’avoir lus, mais en fait non : Moby Dick, Guerre et Paix, Les 1001 nuits, etc. Je les ai commencés à plusieurs reprises sans jamais parvenir à dépasser quelques dizaines de pages.

Goûter vraiment des mets d’une autre époque, par exemple du XVIIe siècle, comme on en parle dans les romans, et qui seraient immangeables peut-être, trop puissants, trop faisandés pour nos palais actuels.

Acquérir l’horloge conçue par l’artiste allemand Fiete Stolte, laquelle ne comporte que 21 heures par jour (ou plutôt par nycthémère), et vivre à ce rythme, avec des semaines de 8 jours, retombant périodiquement sur les mêmes pieds que tout le monde, mais ayant à chaque fois vécu, au prix d’une petite perte de sommeil, un jour de plus.

Vivre un événement historique qui ne soit pas tragique, ni au début ni ensuite.

Dominique

Inventaire de détails : pendant le confinement, nos proches nous ont manqué. Sans nommer ni désigner personne, juste par un il ou un elle, noter un seul détail (physique, anecdote, trait de caractère, etc.) de membres de notre famille et d’amis, présents ou passés. Puis faire de même avec d’autres « proches » : animaux, objets, plantes, lieux…

Il est mort sans famille près de lui mais se rendait-il compte qu’il n’avait pas reçu de visites depuis deux mois ?

Partis en Indonésie, ils ne pouvaient plus revenir

Sa complicité et sa douceur m’ont manqué

Pour partager des situations difficiles liées à un décès, je lui ai souvent téléphoné

C’était difficile de ne pas la voir, de ne pas entendre ses histoires tellement vivantes. On s’est donné rendez-vous au jardin sur le toit du Grand Sud

A cause du confinement, elle était chez moi. Je la voyais parfois trop alors je m’isolais dans mon bureau

Tellement ouvert aux autres qu’il va lire son bréviaire à la mosquée.

On a pu s’écrire par le biais du téléphone. Avec sa capacité de nous envoyer en l’air, j’ai voyagé dans l’espace.

Il a 20 ans, depuis toujours il est passionné par les machines agricoles.

Il a eu son BAC sans passer l’examen.

Toujours fatigué, serait-il un dépressif chronique ? Il voulait être pape ou clown.

Ils en ont profité pour mettre leurs compositions musicales sur You tube.

Comme toujours elle a déconné, seule s’est mise en situations comiques, a fait des selfies et les a envoyés à ses contacts.

Un grand dur qui cherche à donner de lui l’image de quelqu’un de parfait. Parfois son émotivité le rattrape.

Heureusement il était à côté de moi !

&

Ce n’est plus une plume mais je l’emmènerai avec moi partout

Mon porte-voix, ma mémoire. Il stocke ma mémoire

Ils volent et s’accrochent pour manger

Avec elle tout est possible

Elle excite mes papilles

2 heures de voyage dans un fauteuil

Verte et fraîche, elle me ressource

Immense et mouvante elle me lave le cerveau

Chaque jour la mer y dépose ses trésors faits de trois fois rien mais qui deviendront des merveilles

Elle peut écrire, elle peut dessiner, elle peut caresser

Filtre entre le monde et moi, il m’étouffe

C’est mon nid, ma protection, j’y suis bien, je l’ai modelé à mon goût

Martine

Elle fait des bruits de succion en mangeant sa soupe

Il a attaché son chien à une laisse fixée à un rail courant sur toute la façade de sa maison qui est pour nous « la maison du chien à coulisse »

Il a une jambe plus courte que l’autre, ou plus longue, on n’a jamais su

Elle a une voix qui ne correspond pas à son allure, si on la découvre après l’avoir eue au téléphone on est surpris

Elle veut être bonne sœur, puis institutrice, elle devient dactylo

Elle ne sort jamais sans sa coiffe, même à Paris

Elle écrit pardon entre parenthèses à chaque fois qu’elle fait une rature dans ses lettres

Il a acheté la moitié d’une île où il ne va jamais

Il est obsédé, à vingt ans à peine, par la crainte de perdre ses cheveux

Elle tient à faire encore elle-même ses vitres, à 90 ans passés, en montant sur une chaise

Elle est jalouse de sa sœur qui a épousé un homme qu’elle trouve sans charme mais qui est gentil

Il ressemble au peintre Monet avec sa barbe

Elle manque mourir simplement avec une croûte de pain qui lui reste coincée dans la gorge

Il gagne dans la même journée, à la fête de l’Huma, un poisson rouge puis un poussin

Elle boit un cidre délicieux dan une crêperie rennaise tenue par la fille de Lucien Jeunesse

&

Il ne donne de fruits qu’un an sur deux

Elle meurt d’un coup de fusil malheureux à la chasse

Elle est scotchée à l’intérieur de mon armoire, je la vois chaque fois que j’ouvre la porte

Elle tente de sortir de la maison en grimpant par la cheminée

Il a sur le devant une série de boutons ovoïdes dont le premier, en haut, fait aussi sifflet

Il a l’air fragile mais résiste à tout, même à l’absence d’arrosage

Elle est toute plate quand elle s’étend de tout son long sur le carrelage, par forte chaleur

Il est le gardien de la « cuisine des bêtes » mais n’aboie pas

Elle est lourde, formée de gros maillons, et le prénom n’y est pas gravé mais découpé, à la mode des années 70

Elles ont le talon biseauté, au début on a peur de tomber en arrière

Elle est bordée d’hortensias bleus

Dominique

Elle est adorable

Il parle de trop

Elle est très mignonne

Il est beau et a des qualités

Elle est très libre et joyeuse

Il est impliqué et grand

Elle est très gentille

Il est très timide et triste

Elle aime les fleurs et son jardin

Elle aime faire des activités

&

Elle grandit tout doucement

Elle revient dans la vie

Elle fait danser le monde

Elle a eu un coup de froid

Elle est un peu paresseuse

Elle est tout en couleur

Elle est très très verte

Elle est triste à voir

Elle brille au soleil de mille feux

Il respire à peine dans le verre

Nathalie

Honnête il est parti comme un voleur

Il était le pollueur d’une grande famille

Elle était l’un des piliers de ma famille

Hier proche, il est loin aujourd’hui je n’arrive plus à le voir

Elle était discrète, elle est partie sur la pointe des pieds

Il aime à se raconter de belle aventure

Il est scié de rire normal pour un menuisier

Le patriarche s’en est allé tout s’effondre

Il a toujours pris ses distances sauf avec le cancer

Un être doux et fort mais dur

Gentillesse douceur et Cie

La force d’une mémoire intellectuelle

Il est bizarre mais on l’aime bien

Jeunesse disponible

Peur d’une vieillissante brutalité

Ils sont nombreux installés sur l’étagère, j’aime mes amours, restés près de moi

Le matin c est.ma compagne d’une heure où elle me donne les nouvelles.

Il ne me quitte jamais, je le perds mon cœur s’emballe

Elle fait partie de ma vie grâce à elle on est plus propre

Je l’ai souvent en main et j’aime l’utiliser

Hier encore inconnu, aujourd’hui on l’utilise tous

Je les ai sur mon nez

Je la perds souvent mais elle est bien là accrochée à mon cou

Elle est toujours présente en moi

Sarah

Écrire ensemble une fatrasie : chacun donne un mot qui fournit la rime pour une strophe en octosyllabes : chacun écrit un vers avec cette rime. Chaque vers doit être une phrase complète, au présent, pour rendre possible l’assemblage des vers.

Le ciel me donne un doux billet
Le contorsionniste s’est plié
La fée a mis son tablier
2020 j’ai bien apprécié
Et on n’en voit pas la moitié

Confinement ? Pas de voleurs !
Ce collier n’a pas de valeur
Dans mon cœur vit une couleur
Est-ce bien grave ? Bonheur, malheur !
Doucement le présent se meurt

C’est osé et même cochon
Nous trouvons ce que nous cherchons
Une forêt aux champignons
Mer se languit de reblochon
Je ne mange pas de cochon

Il n’est pas bien, il suce son pouce
J’aime marcher sur de la mousse
L’automne amoureux d’une rousse
Dans ma grande vie est si douce

J’entends quelqu’un dire : En voiture !
Ma feuille est pleine de ratures
Le mage fait une belle mixture
Donne à mon amie au cœur pur

Martine, Nathalie, Rahma, Sarah et Dominique

Acrostiches : cacher un mot verticalement en début de vers, et aussi à la fin si on le veut (ou à l’envers). Le ou les mots cachés doivent exprimer le contraire du poème.

Ma réflexion et mon aviS
Ajoute un dièse à ce dO
Sur la clef en mI
Quelle mélodie en oR
Union des rythmes universellE
Equilibre trouvé en quiétudE

Sarah

Hôpital submergé par le virus, tu n’es pas en perditioN
Oublie cette période difficile, ce n’était pas rigolO.
Une fois suffit, pourvu que ça n’arrive pluS,
Banit l’improvisation, fais face aux imprévuS.
Les soignants sont fatigués, vite que ce soit finI
Où qu’ils puissent partir se reposer incognitO.
Non il n’est pas mort, il bosse encore un maximuM !

Martine

On se tient droit et d’aplomB
Mère et bébé collés. CheR
Bébé têtant ! Il a bU,
Rebu : il avait si faiM
Et soif ! Ah, le bonheur d’êtrE
Sans cesse à sucer ces seinS !

Mon visage est celui que je porte : il exprimE
A sa façon, tout simplement, mon être nU.
Si seulement j’en avais plein : trois, quatre, cinQ…
Que celui-là, hélas. Je n’en ai pas plusieurS.
Un seul. C’est celui que j’ai, ou c’est lui qui m’A,
Et qui me représente aussi bien que mon noM.

Dominique

Me voilà en train d’écrire
Appartenu à venir
Sourire énorme
Qui rentre dans ma chambre
Unique chance
Emotion forte

Sarah

Matin de juin le soleil traverse les nuages
Amie de la fille du soleil voit dans le jardin
Sac de perles très grosses et multicolores et brillantes
Quand elle prend les perles pour faire un collier
Une fée apparaît devant elle
Elle dit que ce sac est à la reine des fées, et la fille du soleil, elle redonne le sac de perles, la fée dit de garder le collier

Saumon de la rivière, saute à travers les murS
Où il y à la montagne, très grand lac, qui sont acrO
La couleur des fonds bleus d’azur et du soleiL
Et des étoile de mer, qui dansent à travers la lunE
Ils bondissent de gauche à droite à travers le matiN
La couleur de la terre et du ciel qui vole dans un livrE

Nathalie

Dissimuler phonétiquement des mots appartenant à un domaine qu’on choisit.

Je suis en panne
Trouve la pince
Une hache vaut 30 €
Il est mou ton beurre
Va cheminer et dis
Pourquoi les dissimulons-nous ?

Sarah

En ville, que de bruits. Chacun crie et dégoise autant qu’il peut. L’air est pollué. Les pots d’échappement produisent leur gaz. On étouffe. On éternue. Ah ! je voudrais de la nature. Du silence ou d’agréables petits bruits sortant de la forêt. A la campagne tout me va, les paysages, les animaux de la ferme où tombe la pluie, où darde le soleil. Pauvre nature qu’on acheva lentement au profit du béton, de matériaux laids comme un pou, laids même comme plusieurs poux, synthétiques, plastiques. Même si le pou a son intérêt et sa place dans la nature !

Dominique

En sortant du four, le pain saute des mains du boulanger qui le pose sur la table au-devant des croissants. Aujourd’hui le marmiton est venu avec son cheval laid et maigrichon. Son impetigo dégoute tous ses collègues, il laisse un goût à hé aux pâtes blanches comme de la craie ionienne.
Il se demanda à quoi réellement il servait, pris son repas sur un bulgom merveilleusement propre. Blessé, son attelle liée au corps, il boite car sa jambe aussi est abîmée.

Martine

Dans une grande montagne, on entend des coups. Leur peur des cailloux qui se cassent à travers la rive, vers la mer du sud. Vers le sol veille sur un renard qui surveille saut, monte vers le ciel des ténèbres.

Nathalie

Portrait à la mode du poème « Tour de l’homme » tiré du livre Histoires blanches d’André Frédérique

Quand on me regarde de face on voit un visage de femme,
De trois-quarts, un œil vert,
De profil, un nez busqué,
De profil perdu, une nuque dégagée,
De dos des cheveux courts et des boucles d’oreilles.
Martine



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